Nairobi, 11 mai 2026
Réunis à Nairobi à l’occasion du Sommet Africa Forward 2026, les organisations patronales africaines et française — Business Africa, le Mouvement des Entreprises de France International (MEDEF International), la Kenya Private Sector Alliance (KEPSA) et l’Alliance des Patronats Francophones — ont adopté une déclaration commune appelant à une nouvelle phase du partenariat économique entre l’Afrique et la France.
Dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques, des enjeux de souveraineté économique et l’accélération des transitions énergétique et numérique, les signataires affirment une conviction partagée : le partenariat Afrique–France doit franchir une étape décisive, fondée sur la réciprocité, la confiance et la création de valeur locale. L’ambition est claire — construire ensemble les chaînes de valeur, les capacités industrielles et les compétences de demain.
La déclaration s’articule autour de quatre priorités stratégiques :
1. Le co-investissement productif comme moteur du partenariat.
Les signataires appellent à la création de fonds franco-africains par filière stratégique — agro-industrie, énergie, numérique, santé, infrastructures — et à la généralisation des financements mixtes pour soutenir les PME et start-ups africaines. L’accent est mis sur les maillons critiques de souveraineté industrielle et sur la constitution de consortia franco-africains associant grandes entreprises et acteurs locaux.
2. L’amélioration du climat des affaires.
Les secteurs privés appellent les gouvernements à garantir une stabilité réglementaire et fiscale accrue, à accélérer la digitalisation des administrations publiques, et à associer pleinement les organisations patronales au dialogue public-privé. Un soutien résolu au processus d’intégration économique dans le cadre de la ZLECAf est également réaffirmé.
3. Le contenu local et la formation professionnelle.
Les signataires plaident pour l’intégration systématique de plans de contenu local dans les projets d’investissement, le développement de campus sectoriels franco-africains, la création de hubs Compétences–Emploi–Entrepreneuriat au sein des organisations patronales, et un soutien renforcé à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.
4. Un portage politique orienté vers les résultats.
La crédibilité du partenariat repose sur sa capacité à produire des effets mesurables. Les signataires proposent la publication annuelle d’une étude d’impact Afrique–France, la création d’un label « Co-produit Afrique–France » et l’organisation d’un rendez-vous économique annuel co-piloté par les secteurs privés des deux rives.
Cette déclaration s’inscrit dans la continuité de la feuille de route issue de la Déclaration de Luanda, présentée lors du Sommet Union Européenne – Union Africaine en novembre 2024. Les signataires appellent à la mise en place immédiate d’un comité de suivi franco-africain, composé des forces vives privées et publiques, pour traduire ces engagements en actions concrètes dès la clôture du Sommet.